ET SI LE PLASTIQUE PRENAIT UN PEU DE HAUTEUR DANS NOS TETES ?
Pour confectionner ses chapeaux, Isabelle collecte aujourd’hui l’un des déchets les plus pollueurs de notre planète, le sac plastique. Elle compose ainsi sa palette de couleurs avec une matière première venue des quatre coins du monde ! Des lampes, des tabliers, des chapeaux, des sets de tables… des réalisations colorées qui illuminent notre quotidien, mais qui dénoncent en même temps un mal de notre société actuelle : la surconsommation et bien sûr, le gaspillage.
Cliquez ici pour en savoir plus, pour une mise en relation, ou pour commander l'un de ses objets.

ISABELLE NOUS RACONTE...
Une petite présentation de toi ?
J'ai été directrice artistique dans la publicité pendant sept ans, puis à la naissance de mon premier enfant, j'ai choisi un métier que je puisse exercer chez moi pour être plus disponible. J'ai passé mon CAP de modiste, travaillé pour la haute couture, le théâtre, l'Opéra et différentes maisons.
Puis j'ai créé ma marque TESTE, avec des chapeaux de pluie réalisés dans des matières courantes détournées (bullpack, rideau de douche, toile cirée). Parmi ces matières imperméables, le recyclage des sacs plastiques s'impose à moi comme source inépuisable d'inspiration. Je conserve les chutes de mes chapeaux et je les transforme en sets de table, bavoirs, vêtements et luminaires. L'inspiration du végétal (comme une réparation du préjudice causé par le plastique à la nature) me conduit à réaliser des installations et des objets plus monumentaux. C'est pour moi un moyen poétique et ludique de faire prendre conscience du gaspillage !

Peux-tu nous expliquer le concept et les secrets de fabrication de tes objets ?
Je récupère des sacs plastiques auprès de tout mon réseau de volontaires dans le monde entier. Je travaille les sacs de toutes marques par systèmes d'applications, montés sur des fils de fer, ou cousus selon les objets.

Comment as-tu eu l'idée de créer des chapeaux ? Et pourquoi le plastique ?
C'est un accessoire qui permet beaucoup de liberté comparé aux vêtements : il y a moins de contraintes de tailles et de construction.
Pourquoi le plastique ? - Parce que j’aime beaucoup créer des chapeaux de pluie rigolos, et il n'y en avait pas sur le marché quand j’ai commencé. C’est quelques années après avoir lancé ma marque TESTE, que j’ai fini par travailler le sac plastique de façon plus systématique : une matière à la fois imperméable, très colorée et très variée.
C’est finalement une manière ludique de redonner vie à des objets destinés à la poubelle !
Où crées-tu et comment travailles-tu ?
Je travaille chez moi, dans ma chambre, seule et parfois avec l'aide d'un atelier d'insertion formidable à Ancenis.

Où puises-tu ton inspiration ?
Dans ma tête, partout où je me promène, quand je voyage... ou tout simplement quand j'ai des matériaux en main.
Un petit mot pour la fin ?
Un jour, j'espère qu’on arrêtera de produire tous ces sacs et de les gaspiller. Ce sera la fin d'une histoire pour moi, mais ce sera une victoire pour la planète et je trouverai d'autres sources d'inspiration. Il y a beaucoup d'autres choses à recycler, de matières à réinventer. Redonner vie à des objets de consommation qu'on jette est un moteur formidable pour les recycleurs. C'est également une source vitale pour de nombreuses personnes à travers le monde.
C'est en tout cas une manière de changer les regards sur tous les gaspillages et les dérives de la société de consommation. Recycler, réutiliser, nous oblige à faire preuve d'inventivité… et finalement c'est une créativité qui peut réellement créer une dynamique économique !
© Isabelle Teste