Yes We Made - Récup & Détournement
d'objets - Dans une société qui peine à éliminer le déchet, Yes We Made
vous présente des créateurs capables de les dévoiler et de leur donner
une seconde vie. Récup', recyclage, détournement d'objets... une matière
première inépuisable pour des objets inattendus !
Dans son atelier en plein cœur de l'Isère, Cédric confectionne des
horloges à partir de vieux 33 tours. Sa petite touche personnelle, et
surtout sa grande particularité, c'est tout l'univers urbain qu'il
insuffle à ses objets, et son exigence sans faille dans le montage.
Le petit plus : Cédric personnalise ses horloges avec les graphismes
qu'il a créés, ou avec l'un des visuels de votre choix. Il propose
aussi cinq modèles d'aiguilles avec la couleur de votre choix.
J'ai d'ailleurs moi même choisi et constitué mon horloge sur mesure, et
aujourd'hui elle décore fièrement mon salon !
Cliquez ici pour en savoir plus, pour une mise en relation, ou pour commander l'un de ses objets.
CÉDRIC NOUS RACONTE...
Une petite présentation de toi ?
Je m'appelle Cédric, j'ai 33 ans, je vis dans le sud de l'agglomération
grenobloise, dans l'Isère, au milieu des montagnes. Je suis un
passionné de Black Music (Hip-Hop, Funk, Soul, Jazz) et surtout du
support qui va avec, c'est à dire du disque vinyle. Avec mes premiers
petits boulots, j'ai pu m'acheter mes premières platines vinyles et mes
premiers vinyles.
Je m'occupe de promouvoir cette culture musicale et le support vinyle
en organisant des soirées et en participant à des émissions de radio.
Mais aujourd'hui c'est mon activité artisanale qui occupe le plus clair
de mon temps.
Peux-tu nous expliquer le concept et les secrets de fabrication de tes objets ?
Je n'ai rien inventé, j'en suis bien conscient... j'ai simplement eu
l'idée de créer toute une collection de motifs et d'offrir la
possibilité de personnaliser les horloges que je fabrique à partir de
vinyles.
Côté secret de fabrication, rien de bien compliqué, je cuisine dans mon
petit atelier sous ma toque musicale et la recette est la suivante : un
vinyle entier, une pointe d'aiguilles, quelques pincées de couleurs et
une once de temps... et le tour est joué !
Comment as-tu eu l'idée de créer ces objets ? Et pourquoi réutiliser des vinyles ?
Défendant le vinyle corps et âme, je me suis dit, pourquoi ne pas
permettre à ce support de réintégrer les foyers sous une forme
différente, décorative.
En 2005, avec mon frère, nous avons investi dans du matériel permettant
aux amateurs, aux aficionados, et aux professionnels, de graver des
disques vinyles. Quand nous avons cessé cette activité, nous nous
sommes retrouvés avec un stock de vinyles assez conséquent ne servant
plus à rien. C'est là que j'ai commencé à m'amuser, à fabriquer des
objets avec cette matière première, puis j'ai eu l'idée de faire des
horloges...
"Transformer des disques vinyles en horloge, c'est une
sorte d'hommage à leur durée de vie, et quoi de mieux pour cela que de
les utiliser pour faire défiler les heures à leur surface !"
Où crées-tu et comment travailles-tu ?
Côté création, tout se passe chez moi.
Un ami m'a enseigné les premiers rudiments sur Photoshop, et j'ai ainsi
pu créer mes propres graphismes qui personnalisent aujourd'hui les
horloges.
Je "chine" les vinyles sur des brocantes et je ne sélectionne que ceux
qui ont une belle apparence. J'aime échanger avec leurs propriétaires,
leur expliquer ma démarche, et le fait que je vais donner une seconde
vie à leurs vinyles.
Pour ce qui est du montage des horloges, j'ai une pièce dédiée à mon
activité chez moi, toujours dans mon univers au milieu de mes disques.
Je nettoie le vinyle avec un produit spécial pour bien décaper la
surface afin d'avoir des sillons parfaitement brillants et parfaitement
propres. J'applique l'adhésif et ensuite je monte le socle plastique
arrière dans lequel est pris le mouvement à quartz.
Et pour finir, je peins les aiguilles selon la couleur demandée par le
client puis j'emballe l'horloge dans sa vraie pochette de vinyle puis
dans le carton d'expédition.
Où puises-tu ton inspiration ? Ça
fait une vingtaine d'année que je côtoie la culture Hip-Hop, les arts
urbains (MC, DJ, Graffiti & Break Danse). La richesse de ce
mouvement est sans limite et se réinvente sans cesse, il influence bien
plus qu'on ne le croit notre monde. Toute mon inspiration provient de
cette source en perpétuelle évolution.
Un petit mot pour la fin ?
À tout ceux qui possèdent encore des disques vinyles à la maison,
prenez en bien soin. Leur prix ne flambe pas comme le cours de l'or, il
n'est pas non plus coté en bourse, mais vous avez entre les mains un
véritable patrimoine culturel ! Alors que la musique est plus que
jamais dématérialisée, le CD n'a pas tenu ses promesses de résistance
dans le temps.
Personnellement, je ne me lasserai jamais de ce rituel, sortir le
vinyle de sa pochette, toucher ses sillons, sentir la vieille odeur de
carton de la pochette, voir briller ses micro-sillons, souffler dessus
un bon coup avant de déposer la cellule de lecture et entendre les
premiers crépitements... Le vinyle sera sans doute, dans quelques
années, le dernier vestige d'une époque où l'on pouvait encore toucher
la musique, la voire, la sentir, un temps où bien plus de sens que
l'ouïe étaient en éveil à son contact.